LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

 

 Un généticien israélien, Avigdor Cahaner, a réussi à produire un poulet sans plume.

Aucune manipulation génétique là dedans, cette variété a été produite par croisement entre un oiseau naturellement déplumé et un poulet normal.

Le résultat est très moche, vous en conviendrez comme moi. Mais il a quelques avantages non négligeables. Ce poulet ne craint pas la chaleur. Au contraire, il l’aime, contrairement aux poulets normaux qui s’abritent à l’ombre.

De plus, il ne transpire pas : il consomme donc moins d’eau, et par conséquent est plus écologique. Qui plus est, sa viande serait pauvre en lipides et d’une saveur équivalente à celle du poulet commun.

Toutes ces particularités en font un candidat remarquable à l’élevage dans les pays chauds. Mais bien que l’information date déjà d’octobre 2007, il ne sera pas demain dans nos assiettes. Il y a évidemment bien des tests à passer avant la diffusion de l’espèce.

 


 

 

 

 

 

 

L'injection "in ovo", une technologie de point

Vacciner un poussin avant qu’il ne sorte de sa coquille : c’est ce que permet l’injection in ovo. Cette technique a initialement été développée pour vacciner les poulets de chair contre la maladie de Marek. L’objectif était d’assurer une vaccination de chacun des poussins et de stimuler précocement leur immunité pour avoir une protection optimale dès les premiers jours de vie. La société Embrex, filiale du laboratoire Pfizer et leader sur ce marché, a inventé cette technique et a commencé à la commercialiser aux États-Unis au début des années 90. « Elle s’est depuis largement diffusée. Chaque année dans le monde, près de 15 milliards de poulets sont vaccinés par la voie in ovo avec le système Inovoject, a indiqué Claire Biener, d’Embrex lors des Rippa(1) à Rennes en juin dernier, soit près d’un tiers de la production mondiale de poulets de chair. » En France, les couvoirs équipés d’une machine d’injection in ovo sont encore peu nombreux (moins d’une dizaine) et l’utilisent essentiellement pour vacciner les poulets label contre la maladie de Marek.Mais depuis peu, l’éventail des vaccins injectables in ovo s’est élargi avec l’arrivée sur le marché de deux vaccins recombinants contre la maladie de Gumboro administrés au couvoir. « De nouveaux vaccins protégeant contre d’autres virus avicoles et utilisant l’injection in ovo sont à l’étude. À terme, les vaccinations ne se feront pratiquement plus en élevage mais au couvoir », estime Ephrem Adjanohoun, de la société E-Cat, autre fabricant de robots d’injection, lors de la journée des techniciens avicoles de Ploufragan. Le développement de vaccins de nouvelles technologies ouvre donc de belles perspectives à cette technique.

INJECTION LORS DU TRANSFERT

La vaccination in ovo consiste à percer la coquille de l’oeuf, à traverser la chambre à air et à injecter par une aiguille une dose de vaccin dans le liquide amniotique ou dans l’embryon. L’injection est réalisée au cours du transfert des oeufs à couver de la salle d’incubation vers la salle d’éclosion, c’est-à-dire entre J17 et J19, J0 correspondant au début de la mise en incubation. « En dehors de cette fenêtre, l’éclosabilité peut être affectée, explique Claire Biener. Plus que l’âge d’incubation, c’est le stade de développement embryonnaire qui importe le plus. » Celuici fluctue en fonction de la souche et des paramètres d’incubation. « Une injection trop précoce peut abîmer l’embryon ou les structures de l’oeuf (trop invasif). Si elle est tardive, les risques de mortalité embryonnaire sont liés à la casse des oeufs. Les embryons commencent à bêcher à partir de 19 jours et le transfert par vide d’air (système de ventouses) est plus difficile."

  

LA COQUILLE PERCÉE PAR UNE AIGUILLE

Généralement, la machine à injection in ovo est installée dans la salle de transfert. La vaccination a lieu directement sur les plateaux d’incubation. Elle est réalisée après mirage et élimination des oeufs clairs (non fertiles). De ce fait, seuls les oeufs embryonnés reçoivent une dose de vaccin. Il existe plusieurs techniques d’injection. La plus courante est la méthode du trocart utilisée par Embrex. Le concept d’« aiguille dans l’aiguille » du système Inovoject comprend une aiguille externe spécialement conçue pour percer la coquille (trocart) et une seconde aiguille à l’intérieur pour l’injection. Leurs caractéristiques sont différentes (biseau, longueur et diamètre). « Le trocart perce la coquille de façon précise sans la casser et ne rentre pas dans la cavité embryonnaire (risque limité de transmission de micro-organismes de la coquille à l’embryon). Le diamètre de l’aiguille interne est adapté pour percer les membranes. »

HYGIÈNE DU COUVOIR OPTIMALE

La société E-Cat propose une autre technique Eginject — qui consiste à injecter en deux temps (à deux vitesses) avec une même aiguille. « Dans un premier temps, l’aiguille perfore rapidement la coquille afin de faire un trou net et d’éviter de créer des fissures. Puis, sa vitesse est ralentie pour pénétrer délicatement dans la chambre à air et dans le liquide amniotique », explique Ephrem Adjanohoun. Quelle que soit la technique utilisée, l’aiguille est désinfectée après chaque injection pour éliminer tout risque de contamination. Les avantages de l’injection in ovo mis en avant par les fabricants sont nombreux. Tout d’abord, elle garantit que tous les embryons sont vaccinés avec une dose uniforme (0,05 ml) et réduit sensiblement le temps de travail et les besoins en main-d’oeuvre. Les injections sont réalisées par plateau entier, avec un injecteur pour chaque oeuf. Elle permet donc des cadences élevées (entre 30000 à 60000 oeufs par heure). Au niveau du poussin, la vaccination in ovo permet une stimulation précoce du système immunitaire. La manipulation des oiseaux à l’éclosion est limitée (moins de stress des poussins). Bien entendu, tous les couvoirs ne peuvent s’équiper d’une telle machine. La taille critique est d’environ 300000 éclosions par semaine (la quantité de vaccin nécessaire pour amorcer la machine est assez conséquente). Par ailleurs, la vaccination in ovo exige une parfaite maîtrise des conditions d’hygiène au couvoir. « Avec l’injection in ovo, nous faisons un trou dans un milieu de culture potentiel. Les deux barrières protectrices que sont la coquille et la membrane de la chambre à air sont rompues. Les risques de contamination microbienne sont donc réels », prévient Claire Biener. Les règles d’asepsies doivent être respectées : absence de microbes dans l’environnement du couvoir (notamment de spores d’Aspergillus) ; préparation du vaccin dans des conditions d’hygiène strictes ; désinfection de la machine après chaque utilisation par des cycles de nettoyage. « Le contrôle des risques de contamination est le point clé d’une vaccination in ovo réussie », conclut la vétérinaire.

 

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